Le sujet du leadership féminin pourrait faire à lui seul l’objet d’un blog complet, tant il y a à dire. D’ailleurs il existe quelques blogs et magazines consacrés exclusivement à ce sujet.

Dans cet article par contre, j’aborde de façon très succincte quelques erreurs généralement commises par les femmes qui accèdent à des postes de cadre dans un milieu dominé par des hommes, erreurs qui peuvent faire entrave à l’exercice de leur leadership et la reconnaissance de leur position d’autorité.

1) Ne pas se promouvoir

En général, les femmes ont tendance à être modestes sur leurs réalisations qu’elles considèrent même comme normales. À l’opposé, lorsqu’un homme marque un bon coup, il a tendance à s’auto-promouvoir, montrer de façon claire ses réalisations aux parties prenantes et à se vendre plus facilement. Chez nous les femmes, c’est différent. Nous prenons pour acquis que nos habiletés et réalisations seront spontanément reconnues au moment venu. Résultats: La valeur ajoutée et l’excellence du travail des femmes cadres n’est pas assez mise en lumière puisqu’elles ne font pas elles-mêmes leur promotion, dans un monde ou le marketing de soi est une clé du succès et de la reconnaissance professionnelle. Heureusement, il existe des plateformes qui mettent en lumière le succès des femmes leader, je pense notamment au magazine québécois premières en affaires, au blog Mots d’Elles, à l’organisme La gouvernance au féminin.

2) Se donner une image trop « rude »

Bien souvent, l’on observe chez les femmes cadres une certaine rigidité et même une sévérité qui tranchent avec leur caractère et leur personnalité en dehors du travail. Souvent, en voulant se donner l’image de « la boss » et se faire respecter, elles tendent à instaurer une certaine distante émotionnelle vis-à-vis de leurs employés et à gérer « comme les hommes ». J’ai plusieurs fois entendu des anecdotes d’employés qui s’entendaient pour dire qu’il vaut mieux avoir un patron homme plutôt qu’une femme.

3) Attendre qu’on leur donne la parole

En témoigne le commentaire de Fabienne Barouillet, Directrice administrative et financière de Transavia France (Source) ; « j’ai souvenir d’avoir parfois été reléguée dans un coin, et si je n’arrivais pas à prendre la parole, personne ne me la donnait ». Ce commentaire est malheureusement partagé par plusieurs femmes cadres et est relevé dans l’intervention TED de Sheryl Sandberg. Toujours en rapport avec le point #1, les femmes font preuve d’humilité et attendent que les opportunités leur soit offertes, que la parole leur soit donnée. Dans les milieux dominés par les hommes beaucoup plus présents dans le management des entreprises, cela n’arrive pas souvent. Elles doivent elles-même prendre leur place, lever le doigt, prendre la parole plus souvent dans les réunions, s’asseoir à la table et non rester dans le coin du bureau.

4) Être trop maternelle 

À l’opposé de la boss à l’image rude décrite plus haut, on voit quelques femmes cadres jouer le rôle de la bonne mère de famille avec ses employés. Elles vont par exemple apporter des plats concoctés par elles à des réunions, chouchouter leurs employés surtout les jeunes comme le ferait leur mère, vouloir accommoder tout le monde et être gentille etc. Il est certes important de créer une bonne ambiance avec ses équipes et instaurer un climat motivant mais attention à ne pas trop en faire de peur de perdre l’image d’autorité auprès des collaborateurs. Tout est une question de perception. Savoir mettre une limite entre les qualités de manager et celles de mère de famille est importante pour se faire respecter dans le monde du travail.

5) Être perfectionniste

Avec les statistiques alarmantes quant au faible nombre de femmes qui accèdent à des postes de haute direction, pas étonnant que celles qui arrivent à ce niveau croient à tort qu’elles sont chanceuses et qu’elles n’ont donc pas droit à l’erreur. On voit alors des femmes leaders qui travaillent deux fois plus que leurs pairs hommes, qui se donnent à 150% dans leur travail, mettant en péril leur vie de couple et de famille, et culpabilisant lorsqu’elles sont remises en question. Comme on dit l’adage anglais « done is better than perfect ». Les femmes devraient donc donner le meilleur d’elles-mêmes sans pour autant paniquer à l’idée de se tromper.

Le perfectionnisme et autres erreurs chez les femmes leaders sont bien documentées dans plusieurs études sur le sujet notamment par le Docteur Lois Frankel auteure du livre Nice Girls don’t get the corner office

Qu’en pensez-vous? Connaissez-vous d’autres erreurs à éviter et qui sont dangereuses pour le leadership des femmes? Avez-vous déjà eu une boss femme, quelle était votre relation avec elle? La discussion reste ouverte

Autre ouvrages intéressants sur le sujet du leadership féminin:

Play Like a Man, Win Like a Woman: What Men Know About Success that Women Need to Learn par Gail Evans

The Secret Thoughts of Successful Women par Valérie Young

En avant toutes de Sheryl Sandberg

Leadership au féminin par Valérie Faurès