Cert article est la suite de celui-ci dans lequel je partageais mon expérience de membre de l’équipe organisatrice du salon Africtalents à Abidjan.

Après donc l’ouverture des stands et le renvoi des candidats malheureux, le salon venait officiellement de démarrer. Et c’est exactement à ce moment-là que j’ai eu l’idée de cet article.

Je me suis dit en moi-même que cette expérience me confrontait à la triste réalité du chômage des jeunes (et moins jeunes) en CI. Comment tout ce monde avait-il pu penser trouver un emploi? Déjà que nous avons du épurer la liste des inscrits pour n’en garder qu’environ 2000 sur les 7000, il y avait encore trop de personnes présentes. La plupart des candidats allaient malheureusement retourner chez eux comme ils sont venus, sans emploi. Car une chose est d’avoir l’accès au salon, une autre de pouvoir convaincre le recruteur que vous êtes le candidat idéal pour le poste! Et c’est là que tout se gâte!

Ma curiosité m’a poussée à visiter certains stands et écouter parler les candidats et je vous avoue que le spectacle m’a laissé parfois sans voix. Certains candidats n’avaient rien à dire aux recruteurs, la seule chose qu’ils disaient était: Je recherche un emploi, quels sont les postes que vous avez à pourvoir… Pourtant l’information était disponible avant le salon, mais la plupart des candidats n’ont pas pris la peine de la lire, ce qui frustrait les recruteurs.

Autre chose, ils remettaient des CV froissés, non agraffés, certains n’ont pas pris de précaution pour s’assurer d’avoir une haleine fraiche (oui oui, ca aussi c’est un turn-off pour le recruteur). De ce fait, dès qu’ils quittaient le stand, le recruteur avait déjà décidé du sort de leur CV…..

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Candidats, si vous me lisez, sachez que vous avez seulement 1 mn pour faire bonne impression, et malheureusement la critique est facile dans le milieu du recrutement. Un détail peut vous disqualifier.

Intérieurement je me disais en voyant plusieurs candidats, que si rien n’était fait, ils resteraient encore longtemps au chômage. Je pense que beaucoup de candidats ne savent pas que quelqu’un qui va chercher un emploi dit se renseigner un minimum sur l’entreprise et proposer ses services plutôt que quemander un emploi et avoir pour seul argument « je veux un stage/emploi » quand 100% des gens autour ont le même besoin!

Vous devez miser plutot sur vos atouts et dire ce que vous pouvez faire pour l’entreprise. Pourquoi vous et pas les 40 autres qui attendent derrière vous dans le rang pour discuter du même poste?

Le salon était ponctué de seances de coaching qui je pense ont pu faire du bien à certains candidats. À ce titre, il faut saluer cette initiative et remercier M. Acouetey et M. Missainhoun, les dirigeants du cabinet qui ont eu la brillante idée de proposer à quelques 500 candidats parmi les 2000 des sessions de coaching entièrement gratuites pour les aider à maximiser leur chance de décrocher un emploi.

Quelques reflexions personnelles et qui n’engagent que moi sur le chômage en CI

1- Tout commence par l’orientation: sur les 2000 candidats invités, pres de 70% avaient un profil sciences humaines et sociales (droit, RH, Marketing, comptabilité, commerce, communication etc.). Les BTS Gestion commerciale, Master en management, DESS Ressources humaines etc foisonnaient? A-t-on expliqué à ces jeunes que dans une entreprise lambda, il y a parfois 1-2 personnes maximum qui gèrent le département juridique quand il y en a un? ou alors que les fonctions support telles que la finance, les ressources humaines etc. ne sont pas celles qui recrutent le plus? À Voir le nombre de diplômés de ces filières et le peu de postes à pourvoir, c’est clair que le chômage chez beaucoup ces profils est assuré.

Pendant ce temps, le Sofitel qui était parmi les entreprises qui embauhaient, peinait à trouver des candidats aux profils suivants: chef cuisinier, bagagistes, concierge, receptionnistes bilingues, surintendants etc. Il n’y en avait pas ou presque pas…Dans une ville comme Abidjan en pleine expansion avec des hôtels en chantier, ce sont des besoins (tourisme et hôtellerie) qui seront de plus en plus demandés. Avis aux chômeurs…

À cet effet, il importe que les acteurs du secteur de l’éducation fasse de vraies sessions d’information et offrent de meilleurs services en coaching d’orientation pour aider ces jeunes à choisir des métiers en fonction des besoins du marché.

2- Les chômeurs sont parfois responsables de leur situation: Comme je l’expliquais plus haut, il y a beaucoup de turn-off qui font que les candidats sont vite rejetés et ce malgré qu’il y ait des postes à pourvoir. Un candidat qui mâche du chewing-gum devant un recruteur, qui appelle une de mes collègues (recruteure aussi) « ma chérie », qui se présente avec un CV huileux, truffé de fautes, une nonchalence et une désinvolture  dans l’attitude, se fait aussitôt classer c’est clair! À l’ère d’internet, on ne peut plus donner l’excuse de l’ignorance pour justifier de tels manquements. Tous ces jeunes présents ce jour là ont accès à internet, aux réseaux sociaux puisque c’est ainsi qu’ils ont été informés du Salon…Il est de leur responsabilité de faire le minimum de recherches sur l’attitude à adopter en recherche d’emploi. L’information est disponible et accessible.

« Le savoir-être professionnel: règles de bases » devrait être une matière obligatoire au programme scolaire des lycées et universités de ce pays faute de quoi, ces jeunes ne seront jamais employables dans des entreprises qui se respectent et là j’interepelle les chefs d’établissement et les jeunes eux-mêmes.

3- Les salons de recrutement ne sont pas les endroits où l’on trouve le plus d’emplois: Très peu de postes comparativement à la demande (50 postes pour 2000 candidats…) mais des gens ont tout abandonné pour passer leur journée au le palais des congrès du Sofitel!

Il faut offrir d’autres alternatives à ces nombreux jeunes qui croient à tort que l’avenir est dans un emploi de bureau. L’agriculture, l’entrepreneuriat, les métiers techniques sont des alternatives très intéressantes et beaucoup plus lucratives que des postes de bureau. Mais ces domaines sont parfois meconnus et parfois jouissent d’une mauvaise réputation auprès des chômeurs. Il est temps d’inverser la tendance et de rendre l’agriculture « sexy » pour favoriser le retour à la terre des chômeurs.

 

Long article mais qui traduit ma passion pour le thème de l’employabilité. Que tous les acteurs du secteur que nous sommes (coachs, consultants, recruteurs, enseignants, gouvernements) puissions travailler ensemble sur des solutions simples et réalistes pour enrayer ce fléau de société qu’est le chômage des jeunes.