Il faut suivre et vivre de sa passion… Voici un conseil que vous avez surement déjà entendu et auquel j’adhère moi-même complètement. Cependant, je pense que ce conseil pris sous cet angle et trop simpliste et incomplet si bien que beaucoup lâchent tout pour suivre leur passion et se retrouvent quelques temps plus tard sans le sou et complètement désillusionnés.

Pendant quelques années, j’ai voulu suivre ma passion, trouver un métier et même un job dans lequel je m’éclaterais, je voulais avoir une vie professionnelle excitante, me lever tous les jours en ayant hâte d’aller au bureau, trouver un sens à ce que je fais. Mais pour avoir vécu plusieurs expériences parfois difficiles dans ce processus, j’ai retenu quelques leçons que je voudrais partager avec vous et qui aideraient certains à bien relativiser la notion de « suivre sa passion »

1-  Assurez-vous que passion puisse vous permettre de vivre

C’est bien de pouvoir suivre sa passion, mais selon l’activité qui vous passionne, vous ne pourrez pas toujours en faire une carrière. Vous me direz qu’on peut quasiment tout monétiser mais permettez – moi de répondre que toute passion ne permet pas toujours de dégager un revenu substantiel et supporter votre style de vie.

En plus de la passion, il faut, pour s’épanouir dans ce que l’on fait, pouvoir en vivre décemment. Et c’est bien là un argument qui est souvent occulté quand on parle de suivre sa passion.

OK pour faire un métier que l’on aime et pour lequel on a une certaine passion, mais si au travers de celui-ci, vous n’arrivez pas à subvenir à vos besoins et ceux de votre famille, votre passion va rapidement devenir un cauchemar et vous créer quelques soucis avec vos proches.

Avant de vous lancer, prenez du temps pour analyser les sources de revenus potentielles issues de votre passion. Est ce que des personnes ont réussi dans ce domaine? Et je ne parle pas d’un taux de 1%…

Passion sans revenus = Simple hobby

2- Assurez-vous que votre passion s’accompagne d’un talent

OK vous êtes passionnés par la musique mais si malgré tout vous ne savez pas chanter, c’est-à-dire que si votre talent musical n’est reconnu par tous et pas juste votre mère ;), il y a surement lieu d’envisager d’attendre avant de suivre votre passion. Car bien que vous avez une passion, si vous n’avez pas la compétence qui vous permet de rester durablement dans ce domaine, votre poursuite de votre passion ne sera que brève et vous serez bien contraints de trouver d’autres alternatives, en plus d’essuyer quelques échecs dans votre carrière.

Alors avant de suivre votre passion, demandez vous si vous avez le potentiel d’y réussir avec les atouts naturels que vous avez. Si non, avant de vous lancer, tâchez de mettre en place un plan pour vous former et acquérir un niveau de compétence minimal pour assurer votre réussite.

Passion sans compétences = Échec

3- Assurez-vous que votre passion en est vraiment une

Parfois on découvre une activité et dans les premiers temps de pratique, on ressent une certaine excitation, un intérêt très grand lorsque l’on s’y adonne. Mais passé un certain temps, on s’essoufle. Je le remarque souvent avec les personnes qui se lancent dans le blogging. Puisque c’est tendance dans le monde francophone depuis quelques années (et je suis une grande fan de blogs moi-même), beaucoup de personnes créent un blog, et dans les premiers mois, sont très assidus. Passée quelques mois et parfois même les premières années, on n’en entend plus parler parce qu’ils sont passés à autre chose, ont découvert que c’est plus difficile que l’on ne croit, ou ont tout simplement découvert qu’ils n’ont pas la passion de l’écriture ou du sujet du blog qu’ils ont lancé initialement.

Imaginez si ces personnes avaient tout laissé pour s’adonner à leur passion dans la phase où ils étaient tout feu tout flamme? Quel aurait été le résultat quelques années plus tard? Frustration, regrets, désillusion, retour à la normale.

Pour éprouver si un domaine ou une activité est pour vous une passion, donnez-vous du temps. Commencez de façon totalement désintéressée, sans prétendre pouvoir en faire un métier. Passez le test des 3 ans. Il ne s’agit pas là d’une mesure purement scientifique mais c’est après la 3ème année que l’on peut mesurer la maturité d’une relation et je crois que l’on peut faire la comparaison avec ce qu’on appelle nos passions.

Votre passion, en tant que métier doit passer le test du temps avant que vous n’envisagiez de vous y lancer; et vous devez pouvoir confirmer cela en vous demandant si vous seriez prêts à poursuivre cette passion même si vous n’aviez pas le succès escompté.

En conclusion je dirais, qu’il y a tout à gagner à faire un métier pour lequel on est passionné, mais au délà de cette quête, il faut pouvoir plutôt rechercher dans ce que l’on fait déjà ce que l’on aime. C’est ainsi que le succès sera durable. Plutôt que de suivre votre passion, je vous exhorte (et je me prêche à moi-même) à poursuivre l’excellence dans ce que l’on fait.

C’est là une preuve de maturité et un gage de succès plus sûr que la simple poursuite de sa passion.